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Zina Raconte
Chroniques parisiennes

Pensée 9 sur 10

Comme une odeur de gasoil

· 1 min de lecture

Gare d’Avignon, 13 octobre 2026.

Dernier matin en Provence.

On monte dans la voiture chercher des sacristains.

La boulangerie de l’Église est toujours fermée.

On va à la boulangerie voisine.

- Une tropézienne, un pain à la crème, un pain au chocolat, une baguette tradition et deux sacristains, s’il vous plaît.

Les sacristains ne sont pas aussi bons que ceux du boulanger de l’Église. Petits, pas de crème, trop secs.

On prépare nos sacs.

Direction la gare d’Avignon. La voiture clignote en jaune. Il y a comme une odeur de gasoil. On s’arrête.

On va rater le train. J’ai payé 8 euros pour avoir une place solo.

Un chauffeur Uber en Tesla nous emmène à la gare pour 39 euros.

On arrive à temps. Taoufik mérite ses cinq étoiles.

Dans le train. Les paysages sont secs. Les arbres sont d’un vert fade.

J’ai hâte d’être à Paris.

Gare de Lyon. Je rentre à pied jusqu’au 9e.

Je vois des tentes et des sans-abris partout.

Des bateaux de touristes longent la Seine. Des grands et des petits, ceux des riches. La vie de luxe, comme dit une jeune femme au foulard Hermès.

Le contraste entre la pauvreté et la richesse, dans un même endroit à Paris, est bluffant.

Et tout le monde semble trouver ça normal.

— Zina