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Zina Raconte
Chroniques parisiennes

Pensée 6 sur 8

Trop de gens, trop de pigeons

· 2 min de lecture

Paris, 6 octobre 2026.

Trop de gens, trop de pigeons.

Une vieille femme les nourrit. Ils l'entourent. On ne voit plus que du gris.

L’après-midi à Paris, l’air est lourd, presque étouffant.

L’odeur du tabac se mêle aux échappements des voitures et à la transpiration des gens.

La pollution sonore envahit le calme de la ville.

Il fait chaud.

Je vois des têtes partout. Des gens différents.

Des hommes qui ne le sont pas, ou plus.

Des filles sont assises dans un bar gay. Le drapeau arc-en-ciel peine à flotter, mais il marque son territoire.

Je me sens comme à Bordeaux, il y a plus de dix ans.

Seule.

La solitude est le pire partenaire.

Je n’ai qu’une envie : aller au supermarché, puis rentrer me réfugier à la maison, loin de tout ce brouhaha.

Le matin, j’allais courir dans la forêt d’à côté. C’était ma routine.

Je ne regrette finalement pas de l’avoir brisée, malgré tout.

Il y a ceux qui aiment sortir le soir, quand toutes les énergies de la journée se concentrent. Et puis il y a ceux qui préfèrent la légèreté et l’espace des matins.

Sentir cette bulle de protection autour de soi, cette bulle d’intimité.

Paris est dans l’excès, la surconsommation, la tentation.

Une maigre jeune femme achète un petit sachet de carottes prélavées au supermarché.

La maigreur est à la mode. La peau sur les os.

L’anorexie, la boulimie. La société moderne t’y pousse.

Plus tu es maigre, plus on te respecte. On t’admire.

Et l’argent aussi.

Plus tu en as, plus on t’idolâtre. Tu es un exemple. Tu as réussi, semble-t-il.

Puis tu attrapes un cancer.

Et c’est fini.

Les cancers sont à la mode aussi. On nous pousse à en avoir, au moins un.

Parce qu’il y a trop de gens.

Trop de pigeons.

Un passant dit : « IRM. »

Une dame, à La Grande Épicerie de Paris, dit :

- Comme je n’ai plus de tumeur…

J’imagine qu’elle se permet de se faire plaisir maintenant.

La vie ne t’attend pas.

Il faut faire ce qu’on a envie de faire, si on le peut.

Une passante dit à son amie :

- On ne sait jamais, je pourrais me faire renverser par une voiture.

Oui, madame, vous pourriez. La vie ne vous attend pas, et elle continuera avec ou sans vous.

Et pour vivre simplement et naturellement, il faut parfois s’éloigner un peu.

Se rapprocher de la terre, dans son authenticité.

Mais pas seule.

Car au final, dans la vie, le plus important n’est pas où l’on se trouve, mais avec qui.

La beauté de la vie réside dans les moments passés avec les personnes qui nous sont chères.

Le reste n’est que futilité.

— Zina