Aller au contenu
Zina Raconte
Chroniques provençales

Pensée 3 sur 3

Un village mortel

· 1 min de lecture

Piolenc, 12 octobre 2026.

Le ciel est bleu ciel.

Le soleil est bien présent dans le Sud.

Le vent est fort.

14 h. Je sors découvrir Piolenc, connu pour son ail. Connu des Piolençois.

16 minutes pour arriver au centre, à pied. Personne dans les parages.

Quelques voitures passent, parfois.

Ah, des humains, enfin. Je vois des quinquagénaires jouer aux boules. Ils n’ont pas l’air de s’amuser.

Je me faufile dans les ruelles. Aucune âme ne rôde.

La plupart des magasins sont fermés.

Ça sent la mort ici.

Je vois une boutique funéraire, justement. L’ambiance est mortelle.

Rue de la Vierge-Marie.

La boulangerie de l'Église a fermé ses rideaux. Pas de sacristain pour aujourd’hui.

Le soleil se couche. On est à Orange.

Les lampadaires sont allumés.

Il n’y a pas beaucoup de monde. Ce n’est pas comme à Paris. Dans la capitale, même le lundi, tout le monde est dehors.

J’ai mal à la tête. Je veux rentrer.

On commande des crevettes panées dans un restaurant à Piolenc. Le propriétaire est vietnamien. Il dit qu’en hiver, il ne les fait que le week-end.

Ma cousine lui dit :

- Ma cousine vient me voir pour la première fois à Piolenc. Je veux absolument qu’elle goûte vos crevettes !

- Vous en voulez combien ?

- Trois portions.

- D’accord, j’allume la friteuse, alors. Je vous apporte votre commande dans votre voiture.

La commande toute chaude se pose sur mes genoux.

On mange et on se met au lit.

Demain, je repars à Paris.

— Zina