Pensée 1 sur 1
Comme un air du Sud
Paris, 10 octobre 2026.
Paris, Gare de Lyon.
Une longue file s’apprête à monter dans le train qui part pour Avignon à 12 h 38.
Voiture 2, basse.
Une femme et ses enfants perturbent le passage. Les gens s’impatientent.
Je m’assois. Place 225. Place solo. S’isoler des gens. La voiture est pleine.
J’ai faim. Je n’ai pas d’eau. La petite bouteille coûtait 3,20 € à la gare.
Mon livre sur les classiques à lire est posé sur la table. J’ai sommeil. J’ai hâte d’arriver à Aix.
Deux bébés pleurent. Crient. Longtemps. Je bouche mon oreille gauche. C’est la plus sensible. Des parents incompétents.
Un passager de la quarantaine perd aussi patience. Je garde mon calme. Il n’y a rien à faire.
15 h 17. Gare d’Avignon. Jasmine vient nous chercher. Direction Aix.
Beaucoup de gens. Comme à Paris. C’est samedi, en plus. Ça doit être joli, le matin. Sans tout ce monde.
On entre dans une église. Un peu d’eau bénite sur mon front. Je ne me sens pas purifiée.
Des châtaignes. C’est l’automne, mais c’est l’été dans le Sud. Le vent secoue les passants de temps à autre, mais le soleil est plus fort.
Un cappuccino dans un café turc.
Des petites boutiques aux senteurs de lavande.
Tissu provençal, patati patata provençal. C’est du tissu, madame. Et la lavande, qu’elle soit de Provence ou d’ailleurs, sentira toujours la lavande.
La Provence est une marque de fabrique.
Les calissons dans la vitrine sont tentants.
Ici est mort Paul Cézanne.
Il est temps d’aller à Piolenc pour dîner et dormir. On nous a promis une dorade et des bananes plantains.
Demain, on ira à Gordes.
— Zina